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Les érudits européens ou les missionnaires améliorent la connaissance de l’Arménie. À l’heure des grands massacres de l’Empire ottoman finissant, les persécutions font souvent la une de la presse et suscitent un vaste mouvement arménophile en Europe.
En 1679, A.Galland, traducteur des Mille et une nuits, reçoit la mission de Colbert d’acheter « tous les anciens livres arméniens qui se pourront trouver et surtout les livres d’histoire d’un certain auteur, nommé
Moïse
Moise de Khorène
La première édition imprimée de Moïse de Khorène parut à Amsterdam en 1695. L’œuvre contient l’histoire de l’Arménie, depuis l’Arche de Noé, qui se posa sur l’Ararat, « le dix-septième jour du septième mois » suivant le Déluge (Gn 8,4), jusqu’à la mort, en 438 et 439, des deux saints traducteurs de la Bible, Sahak et Mesrop Machtots.
En 1822, est créée à Paris la « Société Asiatique », qui a pour premier président le Duc d’Orléans, futur Louis-Philippe et qui est reconnue d’utilité publique, en 1829, par ordonnance royale de Charles X. En 1827, à l’incitation de l’orientaliste J. A. Saint-Martin, auteur d’une étude sur La vie et les écrits de Moïse de Khorène, elle promet un prix à quiconque retrouvera, à l’est de l’Anatolie, la merveilleuse cité construite par Sémiramis après la mort d’Ara, le beau roi d’Arménie.
». En 1822 la « Société Asiatique » de Paris promet un prix à qui retrouvera, à l’est de l’Anatolie, la cité de Sémiramis bâtie après la mort d’Ara, le beau roi d’Arménie ; F. E. Schulz relève les inscriptions ourartiennes de la citadelle de Van. Dès 1833, F. Dubois de Montpéreux admire, en Arménie, les ruines du temple de Garni puis publie son Voyage autour du Caucase. Les travaux érudits se succédent et l’arménologie se dote d’une méthode scientifique dans chacune de ses branches.
Les peintres et les poètes du Nord, notamment les Russes, faisaient le voyage d’Arménie comme d’autres, à l’Ouest, le voyage d’Italie. Qu’on songe au peintre Robert Falk, ou au Voyage en Arménie d’Ossip Mandelstam.
Le mouvement arménophile s’inscrit la lignée d’indignation face au sort des nations opprimées des Balkans ou du Proche-Orient. Dans le cas arménien, ce mouvement prend une dimension européenne au lendemain des massacres de 1894-1896 qui ensanglantent les provinces orientales de l’Empire ottoman et font près de 200 000 victimes. L’inertie politique des puissances lui donne une dimension particulièrement vive qui s’organise alors en Europe autour de quelques personnalités remarquables.