Les petites Arménies d’Europe et de Méditerranée
Page imprimé de : http://www.armeniens.culture.fr/article30.html
Les icônes de l’identité : la foi et la langue
Résister par la langue et l’écriture
Le patriarche Sahak le Grand et le moine Mesrop Machtots dotent les Arméniens d’un
alphabet
Alphabet
Encouragé par le dernier descendant de Grégoire, le patriarche Sahak le Grand (v. 387-439), le moine Mesrop Machtotz invente l'alphabet national. Au terme de plusieurs missions à Byzance et en Mésopotamie, il réussit à composer, en remodelant les caractères grecs au point de les rendre méconnaissables pour éviter toute suspicion d'héllénophilie et en y ajoutant quelques signes, un alphabet de 36 lettres qui reproduisent tous les sons de la langue arménienne (il sera complété au 13e s par l'ajout de 2 lettres supplémentaires pour les diphtongues o et f), Les Arméniens le comprennent très tôt: vers 442, la première œuvre originale, la Vie de Machtotz de Koriun, s'attache moins à décrire l'aspect technique de la création de l'alphabet, que sa portée morale, religieuse et politique. C'est le début d'une série ininterrompue de chroniques historiques qui vont éduquer la conscience nationale en soulignant son caractère chrétien.
(v.405) qui a résisté aux siècles et aux tentatives de cyrillisation. Il a permis d’écrire et de préserver une langue qui constitue, comme le grec, un rameau isolé parmi les langues indo-européennes, avec des traits atypiques (absence de genre, tendance agglutinative) que certains linguistes attribuent à un éventuel substrat ourartéen. Sa structure interne lui confère une souplesse extrême dans la création lexicale par composition, dérivation ou calque.
36 lettres (+ 2 ajoutées au 13e s.) permettent de traduire les textes sacrés, philosophiques et savants de la Grèce et du patrimoine universel, de remplacer le grec et le syriaque dans la pratique liturgique, l’araméen et l’iranien dans l’administration, de produire une littérature et une historiographie nationales. Ainsi, même sans indépendance politique, l’Arménie évitera une absorption culturelle par ses puissants voisins et par les empires qui se la partagent.













