Les petites Arménies d’Europe et de Méditerranée
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Nostalgie d’une Arménie rêvée
Les fruits du paradis perdu
Le Jardin d’Eden, ce verger toujours verdoyant sous un éternel printemps, agité d’une douce brise et bruissant de chants d’oiseaux, abondait en fleurs et fruits multicolores et parfumés ; là vivaient des animaux pacifiques et se trouvaient à profusion or et pierres précieuses.
L’abricot, « œuf de soleil » en persan, est un symbole de l’Arménie. Il participe au traditionnel anouch abour, se fait confiture ou se fourre de diverses douceurs. Il se transforme en pistil, délicieuse et roborative friandise où, broyé, séché au soleil et devenu pâte qu’on étire en feuille, il prend la forme d’un pain aplati, souvent replié à la manière du lavach. Linné le baptise prunus armenicus, « prune d’Arménie ». Et à la rubrique « abricot » de son Grand Dictionnaire de cuisine, A. Dumas est formel : « L’arbre qui porte ce fruit est venu aux Romains de l’Arménie ». La grenade, fruit défendu du paradis (d’après certaines lectures bibliques), est l’emblème de l’Arménie. Elle est déclinée, comme le mont Ararat en toute circonstance.
Dès l’Antiquité, l’Arménie a fourni au monde un rouge réputé, le cramoisi, obtenu à partir de la cochenille. Elle était également réputée pour la qualité d’une pierre semi-précieuse de nuance turquoise très appréciée des bijoutiers antiques, la chrysocolle.



