Les petites Arménies d’Europe et de Méditerranée
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Nostalgie d’une Arménie rêvée
Le jardin clos du paradis
Le mot paradis, d’origine perse, en hébreu (pardès) et en grec (paradeisos), signifie verger entouré de murs et correspond au jardin décrit dans la Genèse. Adam et Eve auraient vécu quelques jours dans le pays d’Eden au sein du « jardin des délices » source de quatre fleuves. Dom Calmet (18e s.), localisait le paradis terrestre en Arménie, entre les sources du Tigre, de l’Euphrate, du Phase et de l’Araxe. Le Père Huet le confirme : « sur le fleuve que produit la jonction du Tigre et de l’Euphrate, et qu’on appelle aujourd’hui le fleuve des Arabes, entre cette jonction et la division que fait ce mesme fleuve, avant que d’entrer dans la mer Persique ». Sa localisation orientale résultait des noms de fleuves connus et de la confusion de la formule « a principio » (au commencement) avec « ad orientem » (à l’est). La croyance qu’il avait échappé au Déluge impliquait une situation très élevée, au sommet d’une montagne qui n’était pas loin de toucher au cercle de la Lune, ce qui en faisait le château d’eau de la Terre. L’image du paradis terrestre, lue dans le contexte méditerranéen et proche oriental, marqué par le désert et l’eau rare, est un jardin, figure idéale du bonheur, protégé de l’extérieur et jouissant de l’eau en abondance.



